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La violence homophobe au Canada

Pink Blood: la Violence Homophobe au Canada
par Douglas Janoff
University of Toronto Press, 2005

 
Comment la police définit t-elle les crimes motivés par la haine ? 
Pourquoi les crimes haineux homophobes font-ils l’objet de controverse?  
C’est pour tenter de répondre à ces questions que Doug Janoff, criminologue et analyste de politiques au gouvernement du Canada, a récemment publié le premier ouvrage au pays qui étudie l’effet dévastateur de la violence homophobe – et la faiblesse des réactions officielles face à ces crimes. Il a analysé 120 cas d’homicides et 350 cas de “violences faites aux gais” qui ont eu lieu au Canada depuis 1990. Certes, le Canada est un refuge pour les gais, les lesbiennes, les bisexuels et pour la communauté du non-conformisme sexuel (GLBT), mais Janoff lève le voile sur un héritage sanglant et d’une violence extrême, en prise à une législation inefficace, à la brutalité de la police et à l’indifférence des institutions.
 
Pink Blood reflète largement l’incapacité du système de justice pénale à reconnaître l’importance de cette question sociale complexe. Dans un cas, le Chef du Hate Crime Unit de Toronto (département de crime de Toronto) a été interviewé suite à une série de meurtres de prostituées commis en 1995. Deux des victimes étaient des transsexuels qui ont été tués par balle à bout portant. Marcello Palma, qui a été accusé de meurtre au premier degré, a confié à son psychiatre qu’il voulait tuer les gens des rues et la “racaille.” Mais la police ne voyait pas le lien avec la violence homophobe. Intérrogé par Janoff sur le pire cas de violence homophobe dont il avait eu connaissance, le responsable des crimes motivés par la haine a décrit une agression qui avait eu lieu en Californie; le meurtre de transsexuels ne correspondait pas en effet à la définition du département de la police d’un “meurtre motivé par la haine.”

Le livre permet de démystifier la violence homophobe pour un grand nombre de lecteurs, notamment les chercheurs, les policiers, les procureurs, les thérapeutes, les travailleurs sociaux, les victimes et les activistes. Le premier chapitre souligne les difficultés qui entravent ce type de recherche, puisque de nombreuses victimes se sentent stigmatisées en raison de leur orientation sexuelle, et ont peur de signaler ces crimes à la police. Les médias peuvent également minimiser l’impact de ce phénomène social particulièrement troublant. Le deuxième chapitre cite les différentes théories relatives à l’homophobie et à la haine, tandis que le troisième examine les violences extrêmes que connaissent de nombreuses victimes– un homosexuel a été poignardé 146 fois, et fait référence aux différents lieux où se produit cette violence, notamment les espaces publics, les résidences privées, et les prisons. Le quatrième chapitre décrit comment l’homophobie est tolérée en cour: les victimes qui réussissent à survivre font l’objet d’une stigmatisation accrue quand leur sexualité doit être “jugée,” ce qui ressemble un peu à la façon dont les victimes de viol sont traitées. Le cinquième chapitre traite de l’attitude des procureurs dans les cas d’homicides commis à l’égard des homosexuels, tandis que les derniers chapitres tentent d’analyser les diverses moyens utilisés par la police pour prévenir cette violence et remonter à ses sources, des tentatives souvent couronnées par un échec. Ces approches sont comparées aux initiatives en matière de sécurité prises à l’échelle des collectivités.
 
Barry Adam, sociologue et expert des mouvements sociaux GLBT, décrit le livre comme “une étude novatrice et une lecture vivement recommandée... qui ne se limite pas aux statistiques officielles”, et prévoit que le livre Pink Blood sera à l’avenir “la référence en la matière.” Pour plus de détails, consulter www.pinkblood.ca.
 
 

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